La sexualité conjugale

175895287 1170792463358876 3040245785155178454 nLa sexualité est inhérente à la nature humaine créée par Dieu. Elle est donc bonne en elle-même, car dans la vie conjugale, elle participe au bien des époux, à leur joie, ce qui est une finalité du mariage. Il faut donc concevoir et vivre la sexualité en couple de manière positive, sans gêne de quelque manière que ce soit. Priver le conjoint de l’acte sexuel, sans un motif grave et objectif, c’est refuser de réaliser la promesse de l’amour qui est la recherche de son bien. Pour les époux, l’union sexuelle réalise concrètement l’amour ; ils doivent pouvoir se donner mutuellement du plaisir dans l’acte sexuel. C’est pourquoi, la sexualité ne doit pas devenir un moyen de chantage ou de punition contre le conjoint comme on constate malheureusement dans de nombreux couples.

Cependant, la sexualité ne reste bonne (dans le sens moral du terme) qu’à certaines conditions. Il y a en premier lieu le respect de la dignité de la personne humaine qui implique au premier plan le respect de son corps. Ceci proscrit de le soumettre à des pratiques sexuelles déviantes qui se développent même dans les couples (sodomie, fellation, voire des pratiques d'échangisme, etc.). Ceci implique également le respect de la liberté du conjoint ; il ne devrait pas être contraint par la violence de se donner dans l’acte sexuel.

Par ailleurs, malgré le fait que ce point soit contesté par l’ambiance culturelle actuelle, il faut rappeler que le cadre naturel de l’acte sexuel tel qu’il apparaît dans la Genèse est le mariage. En effet, l’acte sexuel est donné comme un bien aux époux unis par Dieu dans un lien exclusif et indissoluble. La sexualité en dehors du mariage sort par conséquent de cette perspective. Enfin, l’union sexuelle est bonne si elle reste ouverte à la procréation. Or, l’on voit aujourd’hui même les couples mariés recourir à l’avortement. Le bien qui est recherché par les époux dans l’acte conjugal ne devrait pas exclure la transmission de la vie.

Un autre aspect clé à considérer est biologique et psychologique. C'est d'ailleurs le point d'insistance de cette Récollection. Les connaissances récentes dans ces disciplines nous enseignent que l’homme et la femme sont construits de manière très différente dans leur sexualité. Chez la femme, il y a un lien particulièrement étroit entre sexualité et affectivité. Son désir sexuel dépend de son état émotionnel. Il a pour préalable le climat de tendresse et de confiance avec son époux. Il ne se produit quasiment pas dans un climat de tension impliquant celui-ci. Le rapprochement affectif doit avoir lieu avant l’acte sexuel. Ce n’est pas le cas de l’homme. Le désir sexuel masculin qui est qualifié de primaire se focalise sur le rapport sexuel, pouvant aisément faire fi de préliminaires affectifs comme chez la femme. Au contraire de la femme, chez l’homme l’acte sexuel peut d’une manière générale rechercher le rapprochement affectif ou la résolution de conflit.

Ces données éclairent les couples qui veulent réduire les conflits au sujet de la sexualité. Le mari devrait s’efforcer de ne pas sous-estimer l’importance du lien entre les besoins affectifs de son épouse et le désir sexuel de celle-ci. La relation sexuelle se prépare dans l’amabilité et la délicatesse qui mettent la femme dans une condition psychologique favorable. De son côté, si la femme conçoit la sexualité comme un moyen de réalisation du bien de l’autre, elle devrait éviter de repousser systématiquement son mari lorsque ses propres besoins affectifs ne sont pas réalisés. Ce serait à un certain point prendre la vie sexuelle du couple en otage.

Récollection du 24 avril 2021

Sexualité

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