Violences conjugales : le temps d’agir

186511799 1183743548730434 7374311135116795069 nIl y a dans notre société une montée inquiétante des violences conjugales faites aux femmes, comme l’illustre la récurrence ces derniers temps des faits de meurtres macabres. L’on devrait ajouter à ceux-ci les cas multiples de mutilations et d’atteintes psychologiques graves qui sont, eux, moins médiatisés. Au-delà de l’indignation plutôt timide que l’on observe dans les réseaux sociaux, une réaction plus structurée mêlant pouvoirs publics, associations et médias est urgente.
 
Il est nécessaire en premier lieu de sortir de la complicité, passive et silencieuse, que l’on observe dans l’entourage des victimes dès les premiers coups. La recherche d’une conciliation à tout prix conduit souvent les familles et les autorités sociales et judiciaires à sous-estimer les facteurs qui montrent objectivement qu’un drame se prépare dans un couple : la répétition des violences et la nature de celles-ci permettent en général de voir que le comportement violent du conjoint va au-delà d’une difficulté de maîtrise émotionnelle, et que son intention semble vraiment de faire du mal. Il convient à ce sujet d’alerter sur les violences de plus en plus pathologiques liées à la construction défaillante des individus dans leur environnement psycho-éducatif (immaturité, narcissisme, etc.).
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Polygamie : nature ou culture ?

istockphoto 1164354320 612x612Il n’est pas rare d’entendre que « l’Africain est polygame de nature », et que cette pratique serait même l’idéal de vie matrimoniale dans les sociétés africaines. Pourtant, il existe dans nos cultures elles-mêmes des dictons et des us qui montrent que si la polygamie est une pratique répandue, ses principales motivations sont à chercher ailleurs que dans la nature de l’homme (au sens ontologique du terme).

Un fait intéressant mérite d'être analysé pour comprendre le sens de la polygamie dans les sociétés traditionnelles (nous précisons « traditionnelles » pour nous distancier des pratiques dévoyées actuelles, mais que l'on appelle "traditions" pour les légitimer).

Dans la plupart des coutumes, on observe la singularisation de la première épouse dans un mariage polygamique. Elle occupe une place privilégiée qui est exprimée dans les dictons. Les Mongo disent que « l’épouse est celle qui a commencé le mariage avec son mari ». Chez les Baluba du Katanga, il est dit de la première femme qu’elle « possède le mariage ». Chez les Peuls, la première épouse est la « daada-saaré », la « mère de la maison », voire comme le décrit Amadou Amal, le « guide de la maison ». Chez les Batanga, la première femme, qui est appelée « nyangw'a mboa ou mère », est présentée comme celle ayant « tous les pouvoirs dans le foyer ».

*Ces dictions montrent que, dans un système polygamique, la valeur symbolique et institutionnelle du mariage est réalisée dans le premier mariage. Ils font reconnaître de manière implicite que la première épouse est l’épouse, la mère.* Cet élément autorise à relativiser l'affirmation selon laquelle la polygamie est de l'ordre de l'idéal du mariage africain. Il invite alors à chercher dans la pratique de la polygamie d’autres motivations.

La principale est utilitariste, ce qui en soit pose un problème éthique dès lors que l'on considère la dignité de la femme en tant qu'attribut divin (Dieu créa l'homme à son image et sa ressemblance, homme et femme il les créa, Gn 1,26-27).

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